Elevée au rang « d’Ambassadeur du livre 2019 », Miss Bangala déterminée à rendre le livre accessible à tous

Co-fondatrice du « Café littéraire de Missy » et agent chez Actualite.cd, Miss Bangala a été élevée, mardi 23 avril 2019, au rang d’ambassadeur du livre 2019 par les responsables du Festival du Livre et de la Bible 2019 – FELIBI -.. A cette occasion, elle a accordé une interview à Eventsrdc.com au cours de laquelle elle a dévoilé sa mission: « Rendre le livre accessible à tous ». Elle a aussi plaidé pour la construction des sites adéquats où conserver les archives et autres œuvres d’art de la Rd-Congo dont certaines se trouvent encore à l’étranger. Entretien.

Comment est né votre amour pour le livre ?

Dans ma jeunesse, mon père m’offrait des livres et des romans. On avait une bibliothèque à la maison. Après le départ en Europe de ma sœur aînée, on échangeait à l’aide des lettres, parlant de nos quotidiens. La passion des livres m’est venue de mon père et de ma sœur aînée.

Comment vous êtes-vous sentie lors de votre élévation comme « Ambassadeur du livre 2019 » ?

Ce prix m’a été décerné le 23 avril 2019, une journée symbolique. C’était à l’occasion de la Journée internationale du livre et du droit d’auteur et de l’ouverture du Festival du livre et de la bible -FELIBI-, organisé par les éditions Médiaspaul et Paulines. Trois autres personnalités ont été primées: Didier Mumengi, Henri Mova et Jeannette Badibanga. C’était un moment d’émotions et d’émanation. Je ne m’y attendais pas. Ça donne de la joie lorsqu’on reconnaît ce que tu réalises en coulisse.

Miss accompagné des autres primés. Ph. Dr Tiers

En tant que « Ambassadeur du livre 2019 », quelle est votre mission ?

Ma mission est de rendre le livre accessible à tous afin d’amener le peuple rd-congolais à cultiver le goût de la lecture. Aussi, ma mission est de porter la voix des jeunes de mon entourage à travers l’écriture. En accomplissant ce travail, je gagnerai une grande satisfaction. Tout ce que je fais par rapport aux livres, c’est par pure passion et au-delà de ce que je peux espérer comme argent. Ouvrir l’esprit de quelqu’un procure de la joie plus que l’argent.

Que comptez-vous faire pour redonner le goût de la lecture aux universitaires rd-congolais ?

Je n’ai pas encore eu la chance de travailler dans les universités. Les universitaires qui sont proches de moi, font partie du Café littéraire. Je travaille plutôt avec les élèves pour développer en eux l’amour de la lecture. Nous organisons des ateliers de lecture, des séances de motivation sur la lecture et l’écriture. Et, ça rapporte beaucoup. Actuellement, j’ai un grand nombre d’élèves qui développent leur lecture et écriture en compagnie des autres membres du Café littéraire de Missy.

J’envisage de publier leurs œuvres un jour. J’avance tout doucement et j’espère que dans un avenir proche nous serons aussi dans les universités avec la même démarche en vue de vulgariser la lecture et surtout permettre aux étudiants d’en comprendre l’utilité.

Miss Bangala et Didier Mumengi. Ph. Dr Tiers

Allez-vous mener une certaine démarche auprès des autorités pour le développement du secteur du livre ?

Après la cérémonie de remise des prix, M. Didier Mumengi m’a dit: « Chère collègue, c’est le temps de bosser ». J’ai compris qu’à l’unisson, nous pouvons ouvrir des portes pour le développement de ce secteur. C’est le moment d’aller vers le gouvernement rd-congolais pour qu’il nous offre un fond nécessaire devant faciliter l’accès aux livres et apporter des subventions aux auteurs. Avec nos efforts, nous y arriverons. Nous avons la chance d’avoir, à nos côtés, les éditions MédiasPaul et Paulines. Elles nous aident à imprimer des livres à un prix abordable.
Le regretté Président Laurent Kabila avait, en son temps, décidé d’exonérer de la douane les livres à caractère éducatif pour contribuer à la promotion de la lecture. C’était une décision géniale. Malheureusement, elle n’a pas été respectée après sa mort. S’il y a des gens de bonne foi, ils peuvent relancer cette loi.

Le prix de Miss Bangala. Ph. Dr. Tiers

À Kinshasa, l’on compte plus des buvettes que des bibliothèques et librairies. Quelle lecture en faites-vous ?

Si le gouvernement avait installé des bibliothèques dans les écoles publiques. S’il y avait une librairie dans chaque commune, ça aurait été autres chose. Par manque des structures adéquates, les gens se retrouvent avec des buvettes dans chaque coin des rues. C’est difficile de les condamner parce que nous étions initiés dans ces voies-là. Je suis persuadée qu’un jour, nous aurons une bibliothèque dans chaque commune et des librairies qui ne fermeront pas des portes faute des moyens financiers.

Nous devons préserver notre patrimoine. Nous avons nos œuvres d’art qui sont en Belgique et dans d’autres pays. Nous devons les ramener chez nous. Il y aussi des archives datant de l’époque coloniale. Tout ça rentre dans le lot de notre patrimoine. Nous devons avoir des lieux sûrs pour les loger afin que cela ne soit pas une bêtise pour nous-mêmes. L’Etat rd-congolais doit vraiment s’impliquer pour doter le pays des lieux dignes pour conserver nos archives.

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ETIENNE KAMBALA

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