King Kester Emeneya, 5 ans déjà dans l’au-delà sans mausolée

13 février 2014 – 13 février 2019, cela fait exactement cinq ans jour pour jour depuis que l’artiste musicien et fondateur de l’orchestre Victoria Eleison Dream Team Dream Band, Jean Mubiala Emenaya dit King Kester Emeneya rendait l’âme. Cinq ans après, sa famille, ses musiciens et ses fanatiques déplorent l’absence du mausolée, promesse faite par les autorités rd-congolaises.

Pour ne pas placer cette journée dans les oubliettes, ses proches se recueilleront sur sa tombe au cimetière du Nécropole -Entre Ciel et Terre- dans la matinée et se partageront un verre à l’hôtel La Crèche à la place Victoire à Kinshasa Matonge dans la soirée du même mercredi 13 février 2019. « Nous invitons tous les fanatiques du King à nous rejoindre en ce lieu pour que nous célébrons notre artiste qui a énormément contribuer pour la musique rd-congolaise moderne », a dit l’un de ces poulains.

À la même occasion, l’équipe actuelle de Victoria DTDB exécutera quelques chansons de leur nouvel album dont la sortie est prévue pour fin février 2019. Dans l’entre-temps, elle pense au 36ème anniversaire de leur formation musicale programmée pour fin 2019. La date précise sera connue avec le temps.

Rappelons que « Le Kes » était décédé de suite d’une insuffisance cardiaque dans un hôpital parisien. Avant le rapatriement de son corps pour des obsèques nationales dignes de son rang, une grande polémique avait vu le jour en République Démocratique du Congo concernant son lieu d’enterrement.

D’aucuns, surtout les habitants de la ville de Kikwit dans le Kwilu réclamaient à cor et à cri que le corps de « Mutu ya Zamani » devrait être inhumé. Selon eux, c’était la volonté du King de son vivant. D’autres par contre, soutenaient haut et fort que l’artiste musicien était un patrimoine national et, devait par conséquent, être enseveli à Kinshasa, la capitale de la musique africaine. Finalement, c’est à Kinshasa qu’il a été inhumé. Devons-nous donner raison au peuple de Kikwit qui voulait à ce qu’il soit enterré dans sa ville natale ? ou devons-nous encore attendre que les autorités nationales et provinciales basées à Kinshasa érigent ce mausolée qui reflètera la grandeur de l’artiste.

Bio
Jean Mubiala Emeneya Kuamambu a commencé sa carrière musicale au sein de l’orchestre « Les anges noirs » alors qu’il était encore élève à l’Institut Don Bosco (Indobo) de Kwilu. Vite remarqué par son talent, en 1977, il va être recruté dans « Viva la Musica » de Papa Wemba où il a brillé et a fait parler de lui à travers les médias nationaux et internationaux avec le look de Jésus-Christ.

Six ans plus tard, il créera son « Victoria Eleison » s’inspirant de « Victoria » -orchestre cher à Wendo Kolonsoy, patriarche de la musique rd-congolaise. Il devient alor vers les années 1980-1990, l’un des artistes musiciens africains les plus populaire. À la même période, il s’adapte à la numérisation de ses chansons. Avec son imagination et l’aide des ingénieurs des sons étrangers, il amena la musique rd-congolaise moderne à rompre avec les mêmes rythmiques et à adopter le synthétiseur pour varier et modifier certains sons préconçus par les créateurs de cet instrument, et à utiliser la programmation musicale assistée par ordinateur. Cette nouveauté s’était bien illustrée dans l’album « Nzinzi » en 1987. Cet opus avait récolté un grand succès en Rd-Congo et à l’étranger et de nombreux prix entre autres, « Meilleure vedette des années 1987 et 1989 ». Il fut aussi le premier avec la défunte chanteuse rd-congolaise Abeti Masikini à se produire au Zénith de Paris. « Le Kes » a laissé une riche discographie en enregistrant plus de mille chansons dont « Milena », « Kaba Zonga », « Dikando », « Na yo », « Ngabelo », Surmenage », « Nzinzi », « Mokusa », « Polo Kina » et « Longue histoire ». Cinq ans déjà depuis son tout dernier opus « This is me » traine encore au studio. Personne, alors personne n’arrive à le larguer dans le

marché du disque. Même son petit-frère, Joly Mubiala qui a, un moment s’était séjourné à Kinshasa avec un autre aile de Victoria, est incapable de mettre ce disque à la disposition du monde. L’on se souviendra que le King Kester Emeneya avait tant vanter cette oeuvre avant qu’il tire sa révérence.

Outre la musique, Emeneya avait pu incarner dans le monde de la sape (Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes) les griffes comme « Gianni Versace », « Masatomo » et « Kassamoto ».

Que devenue la veuve Liliane Emeneya ?
DÉO KOKOLO
CINARDO KIVUILA

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