Mike Mukebayi: « Je ne suis pas allé à l’assemblée pour défendre la cause de la presse, plutôt … »

Dans la seconde partie de l’interview accordée à Eventsrdc.com, le député provincial de Kinshasa, Hugues Michel Mukebayi, connu Mike Mukebayi est revenu sur son action en tant que député provincial, élu de la circonscription de Lingwala à Kinshasa. « Je n’envisage pas l’aide à la presse, mais plutôt comment faire avec la presse pour assurer son autonomisation et sa promotion », a-t-il déclaré. Interview.

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Après plus de 20 ans de carrière en journalisme, vous avez été élu député provincial à Lingwala. Mèneriez-vous un combat en faveur de la presse ?
Il ne faut pas que je trompe les journalistes et autres professionnels des médias. Je ne suis pas allé à l’Assemblée provinciale de Kinshasa pour défendre leurs causes. J’y suis allé pour contribuer à l’élaboration des lois qui impacteront positivement la vie de tous les kinois. La mauvaise situation des journalistes en Rd-Congo est liée à l’économie nationale. Je n’envisage pas l’aide à la presse, mais plutôt comment faire avec la presse pour assurer son autonomisation et sa promotion.


Quelle analyse faite-vous de cette situation ?
Nous ne pouvons pas avoir des entreprises de presse prospères dans un pays où l’économie est dans un marasme total. Il faut à la Rd-Congo une économie diversifiée et dynamique, de la publicité et des lecteurs ou internautes qui ont un pouvoir d’achat.

En Rd-Congo, le grand journal tire 1000 exemplaires et négocie la page à USD 700. Il est même capable d’accepter 300. Ce qui ne permet pas de faire fonctionner l’entreprise. Il y a aussi la responsabilité des patrons de presse qui s’accaparent le gros du revenu mensuel de l’entreprise pour leurs propres désirs. Ce qui conduit à des grèves et autres agissements non professionnels de la part du personnel, surtout les journalistes.

Vous estimez-vous incapable de mener un combat pour renverser cette situation ?
Non. Il y a tout un combat à mener qui ne dépend pas forcément d’un député provincial. Présentement, je réfléchis sur un projet de loi qui permettra à Kinshasa de devenir la ville ou la province la plus numérisée du pays. Sa vulgarisation permettra d’associer la presse, surtout la presse en ligne.

Une fois, cette loi adoptée, nous ne travaillerons avec les médias ayant un grand audimat pour permettre aux Kinois de connaître tous les contours de cette loi avant même son exécution par le gouvernement provincial. J’ai à cœur de faire quelques choses ou de faire passer quelques lois et veiller à leur exécution pour le bien des Kinois dont les journalistes.


La loi sur l’accès à l’information au niveau de l’Assemblée nationale et du Sénat traîne encore dans les tiroirs depuis des années. Pensez-vous proposer une loi similaire à l’Assemblée provinciale ?
Je n’ai pas encore étudié la question. La Constitution prévoit ou autorise aux assemblées provinciales d’élaborer des lois sur des questions qui concernent directement leurs provinces, au cas où il y aurait vide au niveau national. A l’assemblée nationale, les mêmes personnes qui ont bloqué ce projet de loi au cours de la législature passée, sont revenues.

Je vais introduire une loi sur l’accès à l’information à l’Assemblée provinciale de Kinshasa pour que les journalistes exerçant dans notre province travaillent professionnellement, sans se verser dans les fausses informations, surtout sur des questions sensibles ou administratives d’intérêt commun.

Avant son introduction, je demanderai l’appui de mes collègues députés provinciaux pour que nous puissions légiférer cette loi devant fera en sorte qu’il y ait participation de tous dans la gestion de la chose publique. Un plaidoyer des journalistes et une implication des Kinois contribueront également à la confection et à la validation de cette loi.


Selon nos sources, la publicité sous toutes ses formes rapportent beaucoup d’argents à la ville-province de Kinshasa. Quelles sont vos idées pour faire bénéficier ces fonds à tous les Kinois, du reste consommateurs des publicités ?
Là, vous mettez le doigt dans la plaie. Cette affaire de publicité est une manne pour Kinshasa. Sous Kimbuta, la publicité n’était pas gérée par les services compétents. Le gouverneur a crée toute une cellule dans son cabinet pour veiller sur ce secteur porteur des devises. Ce sont des millions de dollars américains qui sont partis en fumée.
Nous ne ferons pas la chasse aux sorciers ni aller puiser dans les placards ou comptes de Kimbuta, mais il faudrait simplement que l’Assemblée provinciale diligente un audit pour savoir ce que cela représente et statuer sur cela afin que ces recettes reviennent et profitent à la province.

Comme tous les membres de l’Assemblée sont préoccupés par la maximisation des recettes de notre province, c’est une bonne chose et je demeure optimiste qu’après audit, nous avancerons avec le gouvernement provincial et le CSAC.
CINARDO KIVUILA

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