Pépé Kallé dans nos cœurs, 19 ans

Le 28 novembre 2017, nous allons célébrer le 19e anniversaire de celui qu’on qu’on appelait l’éléphant de la musique congolaise pour ses 160 Kgs : le leader du trio KaDiMa composé de Kabasele, Dilu et Matolu. Ils sont restés ensemble durant 25 ans sans soucis. Durant les 30 ans de sa carrière musicale, Pépé Kallé, qui possédait un timbre vocal à nul autre pareil, avait mis sa voix à la disposition de tous de ses collègues. Pour preuve, il a réalisé des featurings avec presque tous les musiciens congolais.
De Pépé Kallé, je garde le souvenir d’un homme affable, amusant, sociable et surtout humble. D’un abord facile, sa porte était toujours grandement ouverte, très accueillant, il échangeait avec tout le monde. Il me disait un jour, le moment le plus important de la journée pour lui, c’était lors du déjeuner qu’il aimait d’ailleurs partager. Un autre caractère que je lui connaissais, il était un bon encadreur. Durant ses temps libres, il pratiquait le judo et la boxe. Il était membre de Mahikari et ne s’en cachait pas. Avec le concours de dictionnaire des immortels, voici son parcours.
C’est en 1968 que Kabasele Yampanya monte, dans la commune de Barumbu, une formation éphémère dénommée African Choc, au sein de laquelle on trouve Matolu Dode dit Papy Tex, son ami d’enfance (encore en vie et résidant à l’étranger).
En 1969, Michel Yuma dit Michel Sax présente Pépé Kallé et Papy Tex à Grand Kallé leader de African Jazz. Grand Kallé tombe en pamoison devant ce duo. Affectionnant particulièrement la voix insolite de Kabasele Yampanya, il l’invite à se joindre à African Jazz pour l’enregistrement de « Papy », verso de la célèbre chanson « B.B.69 » de Mathieu Kuka. Cette occasion constitue la première entrée en studio du jeune chanteur.
De 1969 à 1970, Kabasele Yampanya entre dans l’orchestre Bamboula du guitariste Nedule Papa Noël où il évolue aux côtés de Madilu System et Benz Bozi Boziana. En 1970, un manager nommé Manzenza recrute Pépé Kallé et l’incorpore dans l’orchestre Myosotis de la commune de Dendale, actuellement Kasa-Vubu.
Pépé Kallé, exécutant à merveille la chanson « Nazoki » de Seskain Molenga se voit tout de go propulser au firmament des chanteurs congolais émérites. Le grand retentissement de la chanson, la tendresse, la sensualité et le lyrisme exprimés par l’interprète conquièrent et séduisent les cœurs sensibles. Ceux-ci tombent, tous, sous le charme ensorceleur des langoureuses formules mélodiques de Yampanya. Le nom de Pépé Kallé est désormais sur toutes les lèvres. Tout le monde cherche à voir et à connaître ce musicien, doté d’une voix étonnante et présentant des contours physiques très impressionnants. Puis arrive Dilu. L’occasion faisant le larron, les trois camarades mettent en place le fameux trio Kadima : Kallé, Dilu et Matolu.
Au deuxième semestre de 1970, Verckys Kiamuangana tombe sous le charme de l’oiseau rare. Il concocte pour lui un contrat particulier et l’utilise dans l’enregistrement des autres groupes de son écurie, dont l’orchestre Bella Bella. L’apport de Kabasele Yampanya bonifie largement les prestations sur disque de ces ensembles. Pépé Kallé évolue, à l’aise et avec grâce, aux côtés de Maxime et Emile Soki. Verckys Kiamuangana recourt à la même formule pour l’enregistrement de « Mbula », « Sola », « Kamale », etc. de l’orchestre Lipua Lipua de Nyboma Canta.
Aux écuries Vévé où il évolue entre 1970 et 1972, Pépé Kallé veut disposer de son propre ensemble. Kiamuangana Verckys accepte la proposition sans ambages. Le chanteur contacte alors ses amis pour ressusciter, en 1971, l’orchestre Bakuba, qui se nomme dorénavant Empire Bakuba. Le saxophoniste et homme d’affaires lui accorde un équipement de musique pimpant neuf.
Chemin faisant, Likinga Mangenza Redo se joint à l’équipe et vient étoffer la section « chant » de l’Empire Bakuba, déclenchant un engouement sans précédent. Le succès, toujours plus grand, est au rendez-vous, le nouveau chanteur à la voix et miel venant opportunément compléter les potentialités de Pépé Kallé, Matolu Dode et Dilu Dilumona. Ebuya Doris, à la guitare solo, garantit le fond rythmique et distille des sons enjoués. Voilà le décor planté pour ce nouvel ensemble.

 

Le 7 Mars 1973, Empire Bakuba et le trio Kadima organisent une flamboyante sortie officielle au bar-dancing Vis-à-Vis. A partir de cette date, l’orchestre gave littéralement le public. Des œuvres diversifiées fusent de partout : « Vava », « Sola Engombe », « Zabolo », « Poun Moun Paka bougé », « Bitoto », « Article 15 », « Ninzi akende », « Divisé par deux », « Madi Madimba », « Dadou », « Mama Leki », « Madjambere », « Ndaya », « Mbula » : chanson dédiée à la mère de Pépé Kallé.

EALE IKABE avec le Dictionnaire des Immortels

 

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