RDC Médias : les vérités de Mike Mukebayi sur les dérapages de C-News

Ancien journaliste devenu député provincial de Kinshasa à la suite des élections législatives du 30 décembre 2018, Mike Mukebayi Nkoso, propriétaire du label C-News, constate avec mort dans l’âme l’exploitation abusive de sa marque. Alors que le sujet est pendant au sein de la corporation et de l’opinion, Mukebayi a accordé une interview au cours de laquelle il a craché ses vérités sur le dérapage de C-News, désormais géré par John Tshingombe et Yves Buya. Interview.


Depuis un moment, C-News, votre label, s’illustre dans les règlements de compte ou attaques personnelles sans respect de l’éthique et de la déontologie du journalisme. Une certaine opinion vous pointe directement du doigt. Qu’est-ce qui est à la base de dérapage tant décrié ?
C’est qu’écrit le média en ligne C-News ne m’engage pas. L’opinion aura du mal à me comprendre, parce que ce label est à grande partie ma propriété. En 2008, j’avais crée le journal en papier appelé Congo News, scellé en 2014 lorsque j’étais aux arrêts à Makala. C-News est une entreprise de presse que j’ai créée, durant mon incarcération, en bonne et due forme avec tous les documents officiels de l’Etat rd-congolais. C’est une SARL fondée sur le régime OHADA.

A ma sortie de prison en juillet 2015, j’ai préféré muter pour la version en ligne, car la version papier n’était plus autorisée à paraître partout en Rd-Congo. Depuis un moment, j’ai confié ce média en ligne à deux personnes qui l’animent à ce jour. J’étais occupé à autre chose, principalement dans mon activisme politique.


N’est-ce peut-être la ligne que vous avez jadis tracée ?
Ce qui est réel, chaque média a une ligne éditoriale et ses intérêts. S’agissant du traitement des informations, la déontologie nous demande d’être objectif. Ils se sont rebellés contre ligne éditoriale. Comme ils ont tous les éléments, entre autres les identifiants et les mots de passe, ils ont commencé à faire ce qu’ils veulent et à animer C-News avec leur nouvelle ligne éditoriale au point de s’attaquer à mes intérêts politiques. Un matin, alors que je participais au conclave de notre plateforme Ensemble pour le changement en Afrique du Sud, j’étais surpris de voir C-News s’en prendre à Moïse Katumbi Chapwe.


Vous êtes pourtant le propriétaire…


Concernant la propriété, je suis le fondateur et l’actionnaire majoritaire de ce média à 65%, John Tshingombe à 5%. 30 autres personnes se partagent le reste de pourcentages. C’est ça l’ensemble de l’actionnariat.


En tant que tel, quelle démarche envisagez-vous entreprendre pour remettre C-News dans les bons rails ?
Depuis deux ans, je reçois tous les jours des plaintes de manière directe et indirecte sur C-News. J’ai résolu de régler ce problème. J’ai déjà instruit mon avocat. Il va convoquer une assemblée des actionnaires. Elle pourra se tenir la semaine prochaine et John sera convié. Ensemble, nous déciderons sur l’avenir de notre média. Si John Tshingombe ne venait pas, nous lui enverrons les conclusions, et s’il ne les appliquait pas, personnellement, j’intenterai une action en justice contre son colistier et lui. C’est légitime que je mette fin à cette hémorragie qui tâche ma personne et qui dérange la corporation.

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Outre cette assemblée, envisagez-vous une autre démarche pour arrêter l’hémorragie ?
Ce nom m’appartient et je dois le récupérer. Je vais aller en justice pour une action au civil et une autre au pénal pour abus de propriété. Ils sont libres. Ils sont jeunes. Lorsque j’avais leur âge, j’ai crée des concepts. Ils peuvent proposer au monde un concept qui peut marcher mieux que C-News. Ils prétendent avoir beaucoup souffert dans la confection de la marque C-News. Je ne sais pas si cela leur donne la possibilité de tout faire.


Que ferez-vous en cas de victoire en justice ?
Je vais voir si je pourrai trouver de nouveaux collaborateurs capables d’intérioriser ma philosophie et mes idéaux. J’aimerai bien garder un pied dans ma profession, mais la déontologie ne me l’autorise pas. J’ai beaucoup de projets sur la presse rd-congolaise qui souffre. Je suis parti, mais je n’ai pas abandonné la presse.


Quel projet par exemple ?
Celui de créer un média en ligne qui alliera à la fois l’écrit, l’audio, la vidéo et les photos. Ce sera un web magazine, un web radio et un web télé. Récupérer le label C-News me permettra de faire une étude du marché et de concevoir ce que je dois réellement proposer aux consommateurs des informations.
CINARDO KIVUILA

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