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vendredi 06/Août/2021

RDC – TIC : Jérémie Kabamba, ce community manager et baroudeur qui voue une grande admiration

Dans le grand bouillon des jeunes qui excellent en République Démocratique du Congo, Jérémie Kabamba (24 ans) s’est fait une place. De Trace Congo à CineBuzz en passant par l’agence de communication Divo, il a connu un parcours dithyrambique en tant que community manager. Ce mordu des médias et technologies a tout donné pour gagner une considération.

Jeune entrepreneur, Jérémie Kabamba est directeur responsable du web-magazine Strong2Kin Moov. Il a un parcours d’un baroudeur. Au cours d’un entretien avec Eventsrdc.com, nous sommes revenus sur son parcours de CM et les notions basiques de ce métier du web. « Je n’ai pas grandi avec mes parents. J’ai vécu avec mes deux cousins […] Je peux dire que c’est la grâce de Dieu », lâche Jérémie en abordant ses premières réussites dans le CM. Entretien.

En quelle année,  avez-vous commencé le métier de Community Manager et d’où vous est venue l’idée de faire ce métier ?

Ça remonte de très longtemps. Depuis les années 2013 (voir même 2014). À cette époque, j’écrivais des textes dans ma chambre et je faisais du rap amateur. J’avais l’envie de le sortir du ghetto. Cependant, les membres de ma famille m’ont obligé d’arrêter avec ce style de musique au risque de ne plus me scolariser. J’ai dû arrêter, mais je voulais quand même rester dans le bain. J’avais des amis qui faisaient de la musique et je me disais que pour ne pas me séparer de la sphère musicale, je vais les aider, en relayant leurs contenus, en gérant leurs pages et en communiquant pour eux.

C’est à partir de là que tout a commencé. Le temps est passé si vite, j’ai compris alors qu’il y avait quand même quelque chose à gagner derrière le digital. J’ai commencé à approcher les photographes. J’avais compris qu’il y avait certains marchés qui revenaient vers les photographes grâce aux réseaux sociaux. Certains avaient ce talent, mais ne maîtrisaient pas les réseaux sociaux.

J’ai décidé de contacter chaque photographe. La plupart d’entre eux étaient partant pour un partenariat gagnant-gagnant. Dès qu’il y a un client qui vient sur mon compte, j’avais un pourcentage. Ça évoluait comme cela, mais au bout d’un temps, ce n’était plus l’essentiel. À force de suivre la technologie, de regarder des séries européennes, j’ai compris que derrière le community management, beaucoup de gens gagnent leur vie.

Dans combien d’entreprises, aviez-vous presté en tant que community manager ?

Je dirais plusieurs dans le sens où certaines entreprises n’étaient pas certifiées. Mais c’était quand même des structures comme des ONG, boutiques électroniques…, mais s’il faut classer les entreprises renommées, je dirais au-moins quatre.

Trace Congo (juin-novembre 2019), puis j’ai démissionné. Ensuite, j’étais sollicité pour travailler chez Deo Kasongo dans sa structure Divo où je gérais toutes ses pages. Quand on parle de Divo, on voit Showbuzz, Cinebuzz, Buzz FM… Toutes ces structures avaient chacune trois pages sociales. Il y a aussi Hewani, une structure Parisienne. J’ai travaillé par correspondance. J’ai géré leurs pages sociales. J’ai aussi travaillé en tant que community manager pour les artistes reconnus en Rd-Congo.

Quelles études avez-vous fait pour vous retrouver dans le community management ?

Les études que j’ai faites n’ont rien avoir avec le métier que je fais aujourd’hui. J’ai fait l’informatique de gestion en graduat et en licence, j’ai fait les réseaux. Je ne me sers pas de ces diplômes-là. En vrai, avant d’aller à l’université, j’avais des ambitions de faire la médecine. Après plusieurs renseignements, je me suis rendu compte que pour faire la médecine il faut mettre 11 ans d’études. C’est chaud ! J’ai décidé de faire l’informatique.

Le community management, je l’ai appris sur internet, en lisant des tutoriels, des articles sur internet et en regardant des vidéos sur YouTube. Le métier que je fais aujourd’hui, ce qui le relie avec mes études, c’est l’informatique, mais après, il n’y a pas eu des formations.

Comment avez-vous réussi à combiner les études et le travail et à convaincre vos parents par rapport à ce métier ?

Je n’ai pas grandi avec mes parents. Mon père est mort quand j’étais en 5ème primaire. Quand j’ai obtenu mon bac et une fois démarré l’université, ma mère a quitté la terre des hommes. Après, j’ai vécu avec mes deux cousins. Pendant ce temps, je me mettais la pression tout seul.

Mais je dirais que cela n’a pas été facile de combiner et de vouloir gagner de l’argent quand tu es étudiant. Après, si tu maîtrises bien tes notes et que tu es en ordre avec les frais, cela pourrait bien se passer pour toi. Dieu merci, tout s’est bien passé. C’est un timing que je n’ai pas compris, je peux dire que c’est la grâce de Dieu.

En quoi consiste le travail d’un community manager ? Et qui est un bon CM ?

Le travail d’un community manager consiste à gérer la réputation d’une entreprise ou d’une personnalité publique. Gérer une réputation ne se limite pas qu’à publier, mais à ramener de nouveaux concepts pour une entreprise et créer des contenus.

Qui est un bon CM ? C’est celui qui comprend et maîtrise l’utilisation des réseaux sociaux. Puis, celui qui sait faire la différence entre gérer un compte et gérer une page. Puisqu’il y a ceux qui ne savent pas faire cette différence. Quand on arrive à différencier cela, on s’approche à devenir un bon CM.

C’est aussi celui-là qui maîtrise les heures auxquelles les gens se connectent pour mieux interagir. Heureusement que Facebook, Instagram, Twitter dévoilent les heures de pointe. Grâce à cela, on peut devenir un bon community manager. Maîtriser également le français de manière générale reste dans les qualités d’un bon CM.

Lors de la gestion des pages, survient le « Shadowban ». Comment un compte peut entrer dans cet état et comment peut-il y ressortir ?

Shadowban est une forme de sentence que donnent les réseaux sociaux aux pages ou comptes des personnalités publiques qui enfreignent les règles de fonctionnalités. C’est en quelque sorte une punition. Sur Instagram par exemple, lorsque vous publiez une vidéo sur la bagarre, le sang ou la nudité d’une femme ou encore lorsque vous publiez un contenu qui ne plaît pas à certains internautes, ils peuvent alerter la plateforme qui va vous bannir. On n’appelle cela « Signaler ».

Comment explique-t-on le boom d’abonnés sur Instagram chez d’autres personnes ?

Il y a cette option connue de tous, « Sponsorisation ». Instagram le permet. Tu as la chance d’avoir des abonnés en sposorisant tes publications. Sur Instagram, c’est un jeu complexe, mais sur Facebook, cela garantit et te donne tous les chiffres.

Mais, il y a aussi un système de robotisation. Les français, les arabes… ont réussi à mettre en place des systèmes qui permettent aux utilisateurs d’acheter les abonnés moyennant un coût, mais après il y a des conséquences. Tu peux avoir 10.000 abonnés, mais tu n’arrives pas à faire 1000 j’aime sur tes publications. L’interaction doit plutôt être cohérente. Cela peut même saper l’image de l’entreprise ou de la personnalité.

Vous êtes responsable d’un média. Parles-nous brièvement de cette entreprise ?

Le média dont je suis responsable de nomme Strong2KinMoov. Un petit mélange du français, lingala et de l’anglais. Strong2KinMoov est né quand j’étais en troisième graduât. Je devais choisir mon sujet pour mon travail de fin de cycle (TFC) qui je le rappelle s’intitulait « Conception d’un site web pour un magazine en ligne ». Il n’y avait pas de nom. J’ai dû créer une maquette avec des potes et mon co-directeur. Je l’ai présentée à la fac, le projet a été validé. Il a même été gardé à la bibliothèque de mon université.

Ensuite, quand tu défends ton TFC, pendant les vacances tu n’as quasiment rien à faire. De là, je me suis dit que le travail a été bien fait et j’ai décidé de me lancer en créant une plateforme (en janvier 2018), qui, aujourd’hui est composée d’une équipe assise des jeunes dynamiques. Nous avons plus de 160.000 abonnés sur Instagram, plus de 90.000 abonnés sur Facebook, plus de 1.500 abonnés sur Twitter, plus de 10.000 abonnés sur TikTok et le site fait 10.000 visites le mois, et plus de 14.000 abonnés. La vidéo la plus visualisée compte plus de 60.000 vues. Je pense que nous sommes bien partis. C’est un signe qui prouve que notre média évolue bien.

Quelles sont vos perspectives ?

J’ai plusieurs ambitions. J’aimerais créer une sous-branche de community management où je pourrais rencontrer ou former des jeunes et travailler avec eux parce qu’au bout d’un moment, l’on se retrouve surchargé avec plusieurs pages à gérer, cela réduit nos côtes.

Avec la grâce de Dieu, nous créerons cette sous-branche qui aura pour but de gérer la réputation de différentes entreprises et personnalités publiques sur les réseaux sociaux. Pour Strong2Kin Moov, les perspectives, je préfère les garder pour moi. Il y a des choses que je risque de dire qui prendrait plus de temps que prévu à être réalisées. Je sais que demain sera meilleur.

Que doivent faire tous ces jeunes community managers qui voudraient vous contacter ?

Qu’ils m’écrivent à mon adresse e-mail personnelle [email protected] ou sur mon Facebook : Jérémie Strong.

Merci à la plateforme Eventsrdc de m’avoir accordé cette interview. J’espère qu’elle atteindra la cible et rendra sans complexe notre génération.

(Ré) écoutez en podcast le recent passage de Jérémie sur Eventsrdc FM

ETIENNE KAMBALA

CHADRACK MPERENG

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