L’Institut Français de Kinshasa – IFK – célèbre cette année ses 60 ans de présence en République Démocratique du Congo. Un anniversaire qui dépasse le simple cadre institutionnel pour mettre en lumière six décennies d’engagement en faveur du dialogue entre les peuples, de la promotion de la langue française, de l’accompagnement des créateurs et du développement des échanges culturels entre la France et la Rd-Congo.
Depuis 1966, l’établissement s’est imposé comme un acteur majeur de la coopération culturelle franco-congolaise. À travers des milliers de spectacles, d’expositions, de projections cinématographiques, de conférences, de résidences artistiques, de formations et de rencontres intellectuelles, il a contribué à faire émerger plusieurs générations d’artistes, d’écrivains, de cinéastes, de musiciens, de plasticiens et d’entrepreneurs culturels.

Cette célébration intervient cependant dans un contexte particulier marqué par la fermeture définitive des antennes de Goma et de Bukavu, conséquence de la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans l’Est de la Rd-Congo. Une réalité qui rappelle combien la culture demeure l’un des secteurs les plus fragilisés lorsque les conflits s’installent durablement.

De Centre culturel français à Institut Français : six décennies d’évolution
L’histoire de l’IFK épouse celle de la coopération culturelle entre la République Française et la République Démocratique du Congo. Implanté à Kinshasa en 1966 sous l’appellation de Centre culturel français – CCF -, l’établissement avait pour mission de promouvoir la langue française, les échanges artistiques et les relations culturelles entre les deux pays.
Au fil des réformes de la diplomatie culturelle française, le Centre culturel français est devenu Centre culturel français de Kinshasa avant d’intégrer, en 2011, le réseau mondial de l’Institut Français, créé pour renforcer la visibilité et la cohérence de l’action culturelle extérieure de la France. Il est communément appelé « Halle de la Gombe » pour sa situation géographique et surtout, sa proximité avec les kinois.
Au-delà de ces évolutions administratives, ses missions se sont progressivement diversifiées. D’un espace principalement consacré à la diffusion culturelle, l’IFK est devenu une plateforme d’accompagnement des artistes, de soutien aux industries culturelles et créatives, de promotion du débat d’idées, de coopération universitaire, de formation professionnelle et de mobilité internationale.

Une institution qui continue d’accompagner la scène culturelle rd-congolaise
Au cours de ces six décennies, l’Institut Français de Kinshasa a accompagné les profondes mutations de la société rd-congolaise en adaptant continuellement ses actions aux attentes des artistes, des étudiants, des chercheurs, des enseignants et des opérateurs culturels.
Sa médiathèque, ses espaces d’exposition, ses salles de spectacles et ses programmes de résidences artistiques ont constitué des lieux privilégiés de création, de transmission des savoirs et de rencontres entre les cultures.


Aujourd’hui encore, l’établissement poursuit son engagement en faveur du développement des industries culturelles et créatives, en soutenant les jeunes talents, les entrepreneurs culturels ainsi que les projets innovants dans les domaines de la musique, du cinéma, de l’audiovisuel, de l’édition, du patrimoine, des arts numériques et du spectacle vivant.
Dans le contexte actuel, marqué par la fermeture des Instituts Français de Goma et de Bukavu, l’IFK apparaît plus que jamais comme le principal point d’ancrage de la coopération culturelle française en RDC. Une responsabilité qui l’amène à renforcer les passerelles avec les créateurs de toutes les provinces et à poursuivre sa mission de promotion du dialogue, de la diversité culturelle, de la circulation des œuvres et de la promotion de la culture rd-congolaise sous toutes ses diversités.

Soixante ans après son implantation à Kinshasa, l’Institut Français demeure ainsi un symbole vivant d’une coopération qui place la culture au cœur du rapprochement entre la France et la République Démocratique du Congo, avec la conviction que les arts, le savoir et le dialogue restent des leviers essentiels pour construire un avenir partagé.
CINARDO KIVUILA